19.05.2006

La republique tempérée... le modéle antique!

La constitution de Carthage est passée très tôt pour un modéle. Nous livrons ici le commentaire qu'en donne Aristote (384-322 avant J.-C.) suivi d'un passage de Polybe à qui Aristote n 'était sans doute pas inconnu. L'importance de ce texte fondateur n'a pas échappé non plus à l'époque moderne, et nombreux sont encore les auteurs à s'être intéressés au sujet, comme Montesquieu ou Chateaubriand.

Les Carthaginois ont la réputation de posséder une bonne constitution; elle renferme de nombreuses dispositions sortant de l'ordinaire [...] Un grand nombre de dispositions de la constitution de Carthage sont excellentes; et une preuve de la sage ordonnance du gouvernement carthaginois, c'est le fait que l'élément populaire demeure de son plein gré fidèle au système constitutionnel établi et qu'il n'y a jamais eu, en ce qui vaut la peine d'être signalé, ni sédition ni tyrannie [...]
Mais parmi les déviations du principe qui sert de base à tout gouvernement aristocratique ou à toute république tempérée, les unes penchent dans un sens populaire plus prononcé, et les autres dans un sens oligarchique. D'une part la décision de soumettre à l'Assemblée du peuple certaines affaires et d'en exclure d'autres dépend souverainement des rois et des gérontes réunis, mais à la condition que les deux autorités soient pleinement d'accord, et si cet accord fait défaut, c'est le peuple qui statue sur ces affaires. Pour toutes les motions introduites à l'Assemblée, le peuple n'est pas seulement admis à entendre les résolutions arrêtées par ses magistrats, mais la décision définitive lui appartient et il est loisible à tout citoyen qui le désire de porter la parole contre les mesures soumises à l'Assemblée [...] D'un autre côté, que les Pentarchies qui possèdent le contrôle absolu de nombreuses affaires importantes se recrutent par cooptation; qu'elles élisent la suprême magistrature des Cent; que de plus, elles demeurent en fonction plus longtemps que les autres magistratures [...]; ce sont là les caractères d'un régime oligarchique. En revanche, la gratuité des fonctions de pentarque et l'absence de toute désignation par le sort doivent être regardées comme des mesures de nature aristocratique [...] Mais où le système carthaginois s'écarte décidément de l'aristocratie pour verser dans l'oligarchie, c'est sur une certaine façon d'envisager les choses, qui reçoit d'ailleurs la sanction de l'opinion publique: on estime que non seulement la richesse le mérite, mais encore la richesse doit être prise en considération pour le choix des magistrats, I'homme sans fortune est incapable de gouverner comme il faut et de disposer du temps nécessaire. Si donc le choix des magistrats qui se fonde sur la richesse est oligarchique, et celui qui se fonde sur la vertu, aristocratique, ce serait là un troisième système de gouvervement, sous lequel se rangent les institutions de Carthage.

Aristote
Politique
(II-XI, 1272b-1273b)

08.05.2006

8 Mais 1945 ou la victoire des uns et l' oubli des autres..

8 mai1945

Une date qui marque le tournant de la seconde guerre mondiale. Ainsi, l’Allemagne capitula. Le Japon se prépare à une offensive américaine sur son propre territoire. Staline promet aux usa… l’aide contre l’Empire du soleil levant mais ne branche pas. Ce dernier savoure l’entrée de l’armée rouge dans Un Berlin conquis par le plus grand de ces généraux : Joukov… La France libérée, règle ses comptes a ses traîtres de 1940… lynchages, exécutions et autres pratiques sont mises en ouvre comme pour oublier d’un seul geste 5 ans d’un régime qui s’évertué à faire de Vichy la capitale d’une France régénéré, paysanne, et anti bolchevique…Le pays des droits de l’homme reprend sa tutelle sur son empire à la différence de la Grande Bretagne qui tourna une page dés 1945 sur son passé colonial (Indépendance de l’Inde et du Pakistan).

Août 1942

En Tunisie notre bey Sidi Moncef (le bey patriote) nomme plusieurs ministres nationalistes au gouvernement dont Mahmoud Materi, président du Néo-Destour, au ministère de l'intérieur. Dans son mémoire du 2 août 1942, présenté par son premier ministre M'hamed Chenik, il met en avant les revendications suivantes :
• Institution d'un Conseil consultatif de la législation où toutes les couches sociales tunisiennes seraient largement représentées
• Égalité de traitement entre les fonctionnaires français et les fonctionnaires tunisiens à tous points de vue (par l'abrogation du tiers colonial en vertu duquel les fonctionnaires français sont payés plus que leurs collègues tunisiens)
• Résorption du chômage en œuvrant à la création d'emplois pour les Tunisiens
• Scolarisation obligatoire pour tous les Tunisiens avec l'enseignement de l'arabe comme langue nationale aux côtés du français
• Accord d'une large compétence aux institutions judiciaires tunisiennes
• Implication des Tunisiens dans le contrôle du budget de l'État
• Nationalisation des entreprises d'intérêt général telles que les compagnies d'électricité ou de transport
Le 12 octobre 1942 au cours de la cérémonie de l'Aïd el-Fitr, au palais de La Marsa, celui-ci exprime son étonnement de voir qu'aucun Tunisien ne figure parmi les chefs de l'administration, venus avec le résident général Jean-Pierre Esteva. Ce dernier lui répond que "seuls les Français sont aptes aux postes de commande". La réaction de Moncef Bey est immédiate. Il s'empresse d'envoyer un télégramme à Philippe Pétain, chef du régime de Vichy, où il exige le rappel d'Esteva. Cependant, la tension ne cesse d'augmenter entre Moncef Bey et le résident général. Les troupes de l'Axe débarquent en Tunisie le 19 novembre 1942 et l'action anglo-américaine transforme la Tunisie en champ de bataille. Moncef Bey refuse, dans cette conjoncture, l'offre italienne d'indépendance contre sa participation aux côtés des forces de l'Axe.

L a France, comme elle sait bien faire retrouve aisément sa pratique colonial et accuse notre bey de collaboration avec le régime de Vichy et les forces de l'Axe. Le 13 mai 1943, sur ordre des généraux Henri Giraud et Alphonse Juin, représentant des Forces françaises libres, il lui est demandé d'abdiquer. Le lendemain, on vient l'informer de la décision de le destituer. Il abdique officiellement le 6 juillet et est exilé dans le Sahara algérien, dans des conditions difficiles, puis à Pau où il réside jusqu'à sa mort.